la revendication de justice sociale et d’égalité portée au cœur de la lutte patriotique
Aissat Idir

Par Boualem TOUARIGT
Publié le 10 avr 2017
Aissat Idir a été le symbole du syndicalisme algérien dans la guerre de libération nationale. C’est grâce à un noyau réduit de militants syndicalistes dont Aissat Idir que la revendication sociale a été portée par la guerre de libération nationale.
Ancienne photo de la prison de Serkadji

On lit dans le numéro 15 de l’organe du FLN du 1er janvier 1958, « l’UGTA a la ferme conviction qu’un changement de la situation des travailleurs algériens ne peut s’effectuer dans le cadre du régime colonial qui n’a cessé d’œuvrer pour maintenir l’autochtone dans un continuel état d’infériorité et de misère sociale. Elle est persuadée que ce ne peut être que dans une Algérie indépendante, avec son économie nationale et son système social approprié que les travailleurs pourront aspirer  à de meilleures conditions de vie et de travail. » Le système colonial imposé à l’Algérie était considéré par les militants de l’UGTA comme l’obstacle à l’amélioration des conditions de travail et de vie des Algériens. L’UGTA a sans conteste contribué à donner un contenu social et politique particulier à la lutte de libération nationale en particulier en approfondissant les grandes lignes de la politique économique et sociale du gouvernement de l’Algérie indépendante. On lit dans le numéro18 daté du 15 février 1958 de l’organe du FLN El Moudjahid : « L’Algérie de demain, libérée du joug politique, doit s’affranchir aussi du joug économique. Un gouvernement algérien, représentant authentique du peuple algérien et de ses intérêts, est seul susceptible de prendre les mesures nécessaires au développement économique et au progrès social de l’Algérie…Seul un gouvernement algérien indépendant et fort sera en mesure de faire appel aux capitaux étrangers tout en leur garantissant la sécurité et en contrôlant leur utilisation. » Et d’affirmer :« C’est pourquoi l’indépendance politique est notre première revendication syndicale, car elle seule nous permettra de réaliser l’essor économique de l’Algérie au profit du peuple algérien. (El Moudjahid n°18 du 15 février 1958).
Aïssat Idir est né en 1919 dans une famille paysanne à Djemaa Saridj. Après l’école primaire à Tizi Ouzou, il est inscrit à l’Ecole normale de Bouzaréa où il poursuit ses études avant d’être affecté au lycée de Tizi Ouzou. Etudiant à Tunis, il y effectue son service militaire jusqu’en 1938. Il est ensuite admis au concours des Ateliers industriels de l’air avant d’être affecté en 1944 à une usine d’aviation, puis muté au Maroc, à l’aéroport de Casablanca. De 1944 à 1954, il est chargé des questions syndicales au  MTLD. En1946-1947, il collabore au journal clandestin du PPA. Au déclenchement de la guerre de libération, il est arrêté par les autorités coloniales françaises avant d’être libéré le 22 décembre 1954. Ses efforts aboutirent à la création du premier syndicat algérien autonome, fortement attaché à la revendication nationale, l’Union générale des travailleurs algériens, qui fut créé le 24 février 1956 et dont il est élu secrétaire général. Aissat Idir est arrêté le 23 mai 1956 sur ordre du gouverneur général français en Algérie, Robert Lacoste, et emprisonné à Berrouaghia avant d’être transféré à la prison de Serkadji.

Torturé après son acquittement par la justice française et maintenu arbitrairement en prison

Le 13 janvier 1959, il est acquitté par la justice militaire française qui le reconnut innocent des accusations d’atteinte à la sécurité de l’Etat français. Le pouvoir colonial continue à s’acharner sur lui et passe outre à cette décision de sa propre justice ; Aissat Idir est maintenu arbitrairement en détention et il est illégalement séquestré à la prison de Bitraria où il est torturé. Devant l’aggravation de son état de santé, il est transféré à l’hôpital militaire d’Alger. Il y est mort le 26 juillet 1959 des suites des tortures qu’il avait subies. Pour les dirigeants fondateurs de l’UGTA de l’époque, la lutte pour les revendications syndicales était inséparable de la lutte patriotique pour mettre fin au système colonial.On lit dans El Moudjahid du 1er novembre 1957, cette déclaration de  l’UGTA : « C’est pourquoi l’indépendance politique est notre première revendication syndicale, car elle seule nous permettra de réaliser l’essor économique de l’Algérie au profit du peuple algérien. »
L’UGTA a beaucoup contribué, dès les premières années de la guerre de libération, à l’approfondissement du contenu social de cette guerre patriotique, traçant les grandes lignes du programme économique et social du futur gouvernement de l’Algérie indépendante :  « L’Algérie de demain, libérée du joug politique, doit s’affranchir aussi du joug économique. Un gouvernement algérien, représentant authentique du peuple algérien et de ses intérêts est seul susceptible de prendre les mesures nécessaires au développement économique et au progrès social de l’Algérie…Seul un gouvernement algérien indépendant et fort sera en mesure de faire appel aux capitaux étrangers tout en leur garantissant la sécurité et en contrôlant leur utilisation. »
L’UGTA précise sa politique dans une déclaration publiée dans le numéro 11 d’El Moudjahid daté du 1er novembre 1957 :« C‘est pourquoi l’indépendance politique est notre première revendication syndicale, car elle seule nous permettra de réaliser l’essor économique de l’Algérie au profit du peuple algérien. Les conditions morales et matérielles de la réhabilitation du travailleur ne peuvent se concevoir et se réaliser que dans une Algérie indépendante. »
Boualem Touarigt

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