L’enfant de Frenda
Jacques Berque

Par Hassina AMROUNI
Publié le 06 aoû 2017
Ville au passé tumultueux, Frenda a connu Ibn Khaldûn et Jacques Berque, deux penseurs illustres dont l’œuvre continue, aujourd’hui encore, à faire parler d’eux.
Jacques Berque avec les jumeaux Emmanuel et Maximilien Berque
Jacques Berque

Si le premier a effectué une halte fructueuse au royaume des Beni Salama, séjour durant lequel il a écrit sa célèbre Moqaddima (lire notre article), le second a vu le jour sur cette terre millénaire, le 4 juin 1910.
C’est au contact du cheikh Habib Seghier El Djebli que Jacques Berque apprend l’arabe et le Coran pour lesquels il se passionnera toute sa vie.
Parti en France pour y poursuivre ses études, il revient en Algérie en mai 1932, après deux années passées à la Sorbonne. Il s’installe sur les hauts-plateaux du Hodna et écrit son premier article, publié quatre ans plus tard dans Revue africaine. Il entame ensuite une carrière administrative au Maroc, d’abord en tant contrôleur civil des tribunaux indigènes marocains puis comme adjoint municipal à Fès. Il occupe ensuite le poste de chef d’annexe dans le Gharb et rejoint le service politique du protectorat à Rabat en 1943. Il finit sa carrière d’administrateur colonial en 1953 en tant que contrôleur civil. En 1957, il est élu au collège de France où il occupe la chaire d’histoire sociale de l’islam contemporain.
Pendant un quart de siècle, il enseigne à Paris et étudie, en parallèle, la sociologie et l’anthropologie des peuples dans plusieurs pays de la Méditerranée. En 1981, il se retire dans les Landes pour se consacrer à l’écriture, à la méditation et à l’engagement pour diverses causes qui lui tiennent à cœur.  
Une année plus tard, il entame la traduction exégétique du Coran, travail de très longue haleine qu’il n’achève qu’en 1995. Il meurt le 27 juin de la même année.
A sa mort, Jacques Berque laisse une œuvre foisonnante : une quarantaine d’ouvrages et deux cents articles. Homme de dialogue et de paix, il a toute sa vie œuvré à un meilleur rapprochement entre les peuples et les cultures. Il se définissait d’ailleurs comme un « passeur ». Sa passion pour la langue arabe, son intérêt pour le Coran, son vécu algérien voire maghrébin ont contribué à faire de lui cet infatigable défenseur du dialogue des civilisations et une figure de proue de l’engagement envers les causes justes.
Enfin, il faut savoir qu’en février 2013, les archives du Fonds Jacques-Berque ont été transférées à Frenda, sa région natale. Cette partie du fonds était hébergée depuis une douzaine d’années au Centre des archives de Belfort. Avant sa disparition, Jacques Berque avait chargé son épouse Julia de faire don à la ville de Frenda de sa bibliothèque et de celle de son père Augustin. Ainsi, chercheurs, enseignants et étudiants pourront accéder, à travers ce fonds documentaire à la pensée de ce fils de l’Algérie dont la générosité du geste montre si besoin est, l’immense amour qu’il avait pour son pays.
 

Hassina Amrouni

http://www.fabula.org/
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